Histoire de mon burnout

Il y a un an maintenant j’ai décidé de partager l’histoire de mon burnout sur un site qui m’est cher, https://www.loptimisme.com/. Pourquoi ? Parce que ce site a une belle mission et les co-fondateurs des valeurs, des vraies. « Mettre en avant ceux qui agissent. Que ce soit dans le domaine de l’éducation, de la ville, de la santé, du travail… partout il y a des “invisibles” qui cherchent à rendre le monde un peu meilleur. On oublie hélas trop souvent d’en parler. » Merci à toi ⚡️ Catherine Testa (et à toute l’équipe de l’optimisme.com pour votre bienveillance) de m’avoir permis de témoigner et prendre goût à l’écriture au passage.

Oui j’ai reçu quelques critiques suite à la publication de mon article sur mon côté très (voire trop) optimiste, sur mon retour très rapide dans le monde du travail mais tout n’a pas été rose les mois suivants croyez-moi mais je ne m’épancherai pas dessus. Aujourd’hui je préfère ne retenir que la bienveillance, la gratitude et les rencontres que tout ça a généré.

Depuis décembre 2018 donc j’ai partagé, discuté, monté une conférence sur le burnout au sein de mon entreprise et surtout j’ai accompagné de nombreuses personnes (en France et à l’étranger) qui ont souffert ou souffrent aujourd’hui du burnout. Oui je ne suis pas Docteur, Psy, etc. mais je suis un « Bienveilleur ». J’écoute les autres sans porter de jugement mais écouter les autres a aussi un prix et il faut se protéger. Merci à ma sophrologue préférée, Christine Chauvin de me le rappeler très souvent.

Il y a quelques jours, mon corps et mon esprit m’ont rappelé à l’ordre entre insomnies et stress croissant, comme quoi rien n’est jamais gagné. Une véritable alerte mais j’ai su appréhender les signes et j’ai su appeler à l’aide. Ne surtout pas négliger ce type d’alerte et ne jamais penser que la partie est gagnée. Les personnes qui ont rechuté le savent très bien !

Cette alerte m’a incité à republier cet article sur LinkedIn pour témoigner à nouveau, partager avec celles et ceux qui en ont besoin. Soyez à l’écoute les uns les autres, dirigez les personnes qui souffrent vers les professionnels de santé, c’est leur rôle. N’hésitez pas aussi à aller sur ce blog que mon amie Juliana DÉTHUNE a mis en place pour parler et partager sur le burnout https://appourco.app.link/43idrlthgV .

Merci et voici l’article publié(et que j’ai choisi de ne pas retoucher) il y a presqu’un an jour pour jour. 

Une journée pas comme les autres

Il y a maintenant 3 ans, je me réveille un matin la tête engourdie, fatigué et stressé. Je pars au bureau avec la sensation désagréable de ne pas avoir dormi, ou du moins pas récupéré. Il faut dire que cela fait plusieurs jours que je n’arrive pas à récupérer.

Au cours de la journée, alors que j’écris un mail, je dois m’arrêter. Je n’arrive plus à écrire quoi que ce soit d’intelligible.

Quelques heures plus tard, j’ai rendez-vous pour mon entretien annuel par Skype avec ma N+2. Je sens qu’il va se passer quelque chose.

Au bout de quelques instants, je craque. Je pleure et ne peux m’arrêter.

Avec des mots apaisants elle me donne 3 conseils : rentrer chez moi, aller voir mon médecin et appeler notre Psychologue du travail.

Comme le trajet du retour chez moi est compliqué ! Je suis sonné ! Je me perds sur un parcours que je fais pourtant au quotidien !

Burn-out

La sentence du médecin tombe : je fais un Burn-out.

« Quoi ? Moi, un burn-out ! Moi, le gai luron ? Celui qui remonte le moral aux autres. Celui qui rencontre quelqu’un pour la première fois et qui discute instantanément avec comme si nous nous connaissions depuis des années ? ».

Je préviens ma femme et ma famille. Tout de monde hallucine. Je prends mon courage à deux mains et j’envoie un sms à mes amis pour les prévenir. Ironie du sort, la semaine précédente je leur ai glissé que je me sentais très stressé. Tout le monde m’a rassuré d’un « Ne t’inquiète pas, après une bonne nuit de sommeil, ça va le faire » … Evidemment, personne n’a rien vu venir.

Le lendemain, je suis déjà sous cachetons. J’appelle la psychologue du travail. Elle sait trouver les bons mots et m’apaise instantanément.

Elle me conseille de contacter un sophrologue. Je n’ai, bien entendu, jamais entendu parler de sophrologie. Je me jette sur mon moteur de recherche préféré et je lis, je lis. Sauf que les sophrologues, c’est un peu comme les starts up du bonheur, ça pousse partout. Il y en a forcément de très bons et des moins bons .

On m’en conseille une. Le premier contact est génial. Elle établit un protocole avec une série de 15 séances à suivre. Au début, je suis évidemment hésitant et dubitatif. Pourtant quelques semaines plus tard, (toujours sous cachetons) je remonte tout doucement la pente.

Oser en parler

3 mois en dehors du monde Corporate, puis le retour en entreprise. Mon manager (qui n’était pas pour rien dans mon stress chronique) s’excuse de ne pas m’avoir écouté. Il s’engage à mettre plus d’humain et d’empathie dans ses méthodes de management, à être plus à l’écoute.

Il m’aura fallu du temps, de la lecture, des Ted Talks, des rencontres virtuelles ou face à face pour arriver à parler de mon expérience. 3 mois sans travailler laissent du temps pour s’interroger, se poser les bonnes questions sur le monde Corporate mais surtout sur soi même !

A mon retour dans l’entreprise je ressens ce besoin de parler et de partager. Mes collègues n’en reviennent pas. Normalement on ne parle pas de ces choses-là.

L’Humain avant tout

Aujourd’hui je me sens plus fort, je continue à chercher du sens dans mon travail mais je me sens bien. Je me suis recentré sur mes valeurs, sur les émotions et sur l’Humain.

Au quotidien je partage mes émotions au travail. J’écoute les gens, je suis une épaule sur laquelle les autres peuvent s’épancher. Aujourd’hui, mes collègues viennent se confier car ils savent par quoi je suis passé.

Evidemment, je connais encore ces moments de stress, quand le cœur s’emballe (merci le cortisol), quand les mains deviennent moites.

Pourtant, aujourd’hui je peux le dire : le Burn Out m’a poussé à me poser LES questions et a contribué à devenir, en quelque sorte, un AUTRE MOI.

Christophe

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