Avec Marc, nous savons la force du témoignage dans la sensibilisation du burnout. Les rencontres, les podcasts, les conférences nous rappellent combien mettre les mots sur les maux est essentiel.
Aujourd’hui nous vous proposons un nouveau de format de témoignage, pour celles et ceux qui sont moins à l’aise à l’oral notamment.
Nous sommes heureux de vous partager le premier épisode de nos « Brèves de rencontre ». Un témoignage d’un ami du club victime d’un burn-out sévère nécessitant une longue convalescence de plus de 3 années et qui a décidé de rester anonyme.
Vous souhaitez témoigner par écrit, n’hésitez pas nous le faire savoir via le formulaire suivant et nous reviendrons vers vous rapidement.
Belle lecture de ce témoignage édifiant et émouvant sur la réalité vécue du burn-out.
« Le burn-out est une épreuve violente (ce n’est pas un coup de fatigue), douloureuse (on a mal, on souffre) et où l’on est seul face à soi-même et où on doit affronter ce qu’il nous est arrivé, notre parcours professionnel, notre vie, nos choix, nos valeurs, etc. Comme on doit affronter les autres, les lieux, les personnes, tout ce qu’on nomme les toxiques. Chacun a ses mots pour les nommer. Je ne les nommerai pas. Pour finalement les mettre hors de nuire, loin de soi, et de remettre à l’endroit notre cerveau qui avait pris feu, comme de reposer notre corps. J’y suis presque. Pour reprendre les mots de Pascal Chabot dans « Global Burn-out », c’est un long cheminement où pour s’en sortir, il faut se dépouiller pour se métamorphoser.
Le burn-out vous isole. Quasi automatiquement, pour vous protéger d’abord, les liens disparaissent ou s’effilochent très vite, en quelques mois. Vous vous retrouvez seul sans autre soutien ou aide que de votre médecin, de votre psychiatre, de votre psychologue ainsi que de votre famille et de vos amis. C’est non seulement dur, cette coupure avec l’activité ou les contacts, que vous le ressentez injustement. Dit rapidement, vous êtes abandonné, seul, victime d’un mal profond et vous en êtes quasiment rendu coupable. Vous ressentez cette culpabilité, de ne plus être là, de ne pas avoir été assez fort. Dans les faits, c’est le contraire, le burn-out concerne d’abord les plus investis et les plus endurants.
Je finirai ce témoignage pour la chance que j’ai eu. La chance d’avoir eu le COVID qui m’a stoppé, sinon …La chance d’avoir été toujours bien entourée et d’avoir eu des échanges nouveaux avec d’autres personnes au fur et à mesure de mon rétablissement qui m’ont fait énormément de bien et m’ont permis de tenir. Je les remercie. Une personne seule sans ces ressources court un risque grave.
Je continuerai à apporter mon témoignage à travers mon vécu ainsi que par mon expérience et mon expertise professionnelles tant le travail d’aide, de prévention, d’information ou de conseil est encore très important. Le burn-out reste très incompris pour beaucoup, trop d’idées reçues demeurent. Le regard doit changer. Le burn-out à l’image de la santé mentale au travail ou de la solitude prend une place aujourd’hui qu’il ne devrait pas dans notre société et représente un enjeu majeur de société, de santé et de finances publiques ».
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