C’est votre histoire : Burn-out autistique, quand le masque social épuise

Et si le burn-out ne venait pas (que) du travail… Mais d’une vie entière passée à s’adapter ?

On parle souvent du burn-out comme d’un épuisement professionnel. Mais si, pour certaines personnes, il prenait racine dans une vie entière passée à masquer et à faire semblant d’être « comme tout le monde » ?

Voici mon histoire…

👓 Avant 5 ans, je ne voyais que des ombres. Pas les visages, pas les expressions. Le monde était flou, comme ma place dans la société. Mes premières lunettes ont révélé les contours du réel… et ceux de l’inconfort social. Très tôt, j’ai compris que je percevais le monde autrement et que cette différence allait être lourde à porter.

🧠 Mon cerveau tourne sans pause. Il analyse, anticipe, imagine, s’inquiète beaucoup aussi. Ce fonctionnement m’a permis de m’adapter et de créer, mais il m’a aussi épuisée. À force de tout prévoir, tout ressentir, tout comprendre… je n’avais plus d’espace pour simplement exister.

✨ Et parfois, cette différence m’a fait sortir du lot. Avec un regard décalé, une intuition fine, une créativité inattendue, j’ai trouvé des chemins que je n’aurais pas pu emprunter autrement. Des réussites inattendues, parfois là où je ne pensais pas avoir ma place. Un clin d’œil à l’enfant caméléon qui observait en silence et qui savait déjà.

🌪️ Mais le corps a fini par lâcher. Mon burn-out n’était pas une chute soudaine. C’est une succession de secousses, des micro burn-out autistiques, invisibles aux autres, mais bien réels. Je compensais, je faisais comme si… Jusqu’au séisme : celui qui vous cloue au lit, vous empêche de vous lever, de parler, de fonctionner.

🔍 La découverte du bon diagnostic : Le TSA.  Finalement, c’était un fonctionnement neurologique ignoré. Mon cerveau ne voulait pas m’auto-détruire. Il voulait juste qu’on écoute ce qu’il avait à dire, mais à sa façon ! Grâce à un accompagnement spécialisé, j’ai pu recoller des morceaux et me reconstruire, pas à pas…

🎂 Dix ans après. J’ai fait du chemin, appris à mieux me connaître, à mieux m’entourer, à mieux me respecter. En cas de crise, c’est la compagnie des animaux qui m’apaise toujours. Leur présence est une ancre, un souffle, un réconfort silencieux. Et puis bien sûr, quand ça va mieux, je reviens toujours vers les humains !

🗣️ Trouver une tribune. J’ai trouvé un espace sur les réseaux sociaux où je peux écrire ce que je n’arrive pas toujours à dire. Mais j’ai encore besoin d’être protégée du regard des autres qui m’a longtemps pesé et mal interprété. Ici c’est à ma manière : avec des images, avec des métaphores…

🎨 L’image qui accompagne ce texte raconte aussi cette histoire. On y voit l’enfant que j’étais : un petit caméléon social, mimétique, tenant son ourson comme un repère. Face à lui, l’adulte que je suis devenue, avec son fidèle chien de soutien dans les bras. Les deux versions de moi enfin réunies !

Anne-Chrystel Brisach

1 Commentaire

  1. Otiss

    C’est un très beau témoignage, qui fait réfléchir et interroge sur le masque social imposé ou nécessaire, particulièrement dans le monde du travail, que je trouve difficile et souvent absurde dans son mode de fonctionnement. Il y aurait tellement à dire…

    Réponse

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